Vous êtes bon, vous, de vous plaindre de notre silence. Où donc se font les nouvelles? Est-ce à Nîmes ou est-ce à Paris? Voyons, qu’avez-vous à répondre? Si c’est à Nîmes, venez-y voir; si c’est à Paris, eh bien, envoyez-en, monstre! N’est-ce pas assez que vous soyez à la source, faut-il que vous ricaniez de ce que nous sommes sans eau? Allons, un peu de patience. Ah! traître! Croyez-vous que nous ne boirons que du vin?
Des nouvelles: ma cousine, Madame d’Alzon, est morte; Mlle Valat est morte; Mme Chaudordy se débat entre une hypertrophie de coeur et une attaque d’apoplexie sérieuse au cerveau. Voulez-vous des nominations de succursalistes et de vicaires? Mais les pèlerinages font peur. Pourquoi Freppel nous déteste-t-il? Je voudrais bien le savoir(1). Moi, je serais tenté de mépriser, mais il m’est absolument impossible de prendre la peine de détester qui que ce soit. Je déteste le péché, qui est quelque chose, mais j’aime le pécheur qui est quelqu’un.
Maintenant, nous avons le tricolore fleurdelisé. Falloux triomphe. O Falloux, eh! bien, je fais un effort, mais je ne te méprise pas, c’est ton péché qui est méprisable(2).
Si cette lettre vous embête!… Si cette lettre vous embête! Eh bien, mettez-la au panier. Non, mon fils, je ne croirai jamais les pèlerinages inutiles. Je vous préviens que je ne mettrai pas le drapeau tricolore fleurdelisé. Cela me fera l’économie d’un drapeau. Tâchez de me savoir ce qu’a de vrai la nomination de l’abbé Gay à Montpellier. Mon fils, je vous embrasse sur les deux joues.
E.D’ALZON.
Si vous êtes ennuyé du Père François, le P. Hippolyte s’en chargera.

