Vous comprenez plus que jamais la nécessité pour moi de rester quelque temps à Nîmes. Allez à Paris, mais ne vous compromettez pas; c’est inutile. Votre ligne(1) telle que vous me l’indiquez dans votre lettre, me semble parfaite. J’avais pris de semblables résolutions, et Monseigneur à table, tout à l’heure, indiquait la même voie comme la seule convenable pour le clergé. Vous vous ferez petits rien du tout au point de vue politique, mais soyez catholiques au-delà de toute expression.
Les protestants, en ce moment, triomphent. Ils croient la monarchie impossible et ils sont heureux(2). Je crois que cet état devrait ouvrir les yeux aux faiseurs d’intrigues, si derrière les intrigues il n’y avait pas leurs très ambitieux intérêts. Nous qui ne voulons rien que la gloire de Dieu, levons les yeux plus haut et allons de l’avant.
Veuillez remercier M. de Damas, de ma part, pour les soins qu’il a pris de vous. Si vous parlez de moi à Baudon, dites-lui toute l’affection pleine d’estime spéciale que j’ai pour lui. Surtout, soignez-vous. Je ne pense pas aller à Paris avant le 15 février, si d’ici là on ne m’a pas coupé le cou. J’y resterai trois mois.
Totus tibi.

