Mon cher ami(1),
Ne vous désolez pas trop. Vers la fin de février, vous partirez avec moi pour Paris. D’ici là, qui vous empêche de me faire quelques bonnes visites? Nous causerons, nous examinerons bien des choses, nous nous mettrons un peu plus sur le pied d’une intimité, dont votre coeur a besoin. Ne vous tracassez donc pas trop; vous verrez que vous avancerez plus vite en ayant l’air de reculer. Tenez-vous prêt pour l’époque que je vous indique; puis, puis, à la garde de Dieu!
Etudiez l’histoire ecclésiastique en faisant votre droit. Je vous ordonne de lire l’histoire -mais la grande- de Darras, la plume à la main; ce sera une excellente préparation à la théologie. Si vous n’avez pas Darras, prenez Rohrbacher(2).
Quant à vos goûts pour les bonnes oeuvres, je ne les combattrai pas, mais je vous préviens que vous serez surpris du temps que nous donnons aux études.
Adieu, cher ami. J’ai tant à écrire que je suis obligé d’aller brièvement; c’est pourquoi je m’arrête. Je demande bien pour vous la persévérance. Bien tendrement vôtre.

