Que Notre-Seigneur vous sanctifie par son saint nom(1), ma bien chère fille! Je le lui demande du fond du coeur. On me dit que vous êtes bien préoccupée de la santé de Soeur Françoise-Elisabeth. Je partage bien votre chagrin, je sais combien il est dur de perdre des âmes sur qui on s’appuyait, mais à notre âge il faut voir tout tomber autour de soi, en attendant que nous tombions nous-mêmes.
Vous ai-je écrit la mort de M. Berthomieu? Il est tombé sur le champ de bataille; jusqu’au dernier moment il est resté au poste. C’est une immense perte pour Montpellier. Décidément j’ai engagé M. de Cabrières, préconisé ce matin(2), à s’entendre avec les Jésuites, et j’ai été bien inspiré, puisque je ne connaissais pas votre conversation quand j’ai pris mon parti(3). Mais je prévoyais ce qui s’est passé. Du reste, il m’accorde une résidence à Montpellier et un alumnat à Montmau. Du reste, je suis épouvanté de tout ce qu’il va rencontrer de difficultés.
Adieu, ma chère fille. J’ai des névralgies assez rudes qui me laissent des intervalles, mais je suis obligé de compter avec elles.
Bien tendrement à vous en Notre-Seigneur.

