Bien chère enfant,
Que je vous plains de souffrir ainsi! et je crois bien que les préoccupations y sont pour quelque chose. Faites un acte d’abandon à la volonté de Dieu et mettez dans vos intentions toute la pureté possible. Hélas! à chaque instant elle nous échappe cette pure intention vers Dieu. On me communiquait, il y a une demi-heure, une pièce très importante. Comme elle tombe sur les catholiques libéraux, j’en ai ri; ce n’est pas bien. Un blâme tombé de la bouche de Pie IX est chose grave pour ceux qu’il atteint. Il faut les plaindre.
Nous allons à l’anarchie la plus complète. La révolution va nous avaler, -c’est plus clair que le jour- à moins toutefois d’un miracle. Mais qui mérite le miracle? Voilà la voyante de Fontet bien avancée. Elle avait annoncé des ténèbres pour le 1er avril; ici nous avons eu une journée superbe(1).
Je vis au milieu des grandeurs. Hier, M. de Larcy est venu me voir, aujourd’hui M. de Belcastel; mais je n’en puis plus, je vais me coucher. Bonne nuit, ma bien chère enfant. Dites à Soeur Elisabeth que je prie bien pour elle.
E.D’ALZON.
Madame la supérieure des Oblates.

