Cher ami(1),
Vous êtes d’une amabilité phénoménale. Je vous félicite, et avec vous le P. Pierre, de votre zèle pour les vocations. Macte animo! Prions, faisons prier, mettons-nous y tout de bon. Je commence samedi la retraite du noviciat et de l’alumnat(2); je vous la recommande.
J’accepte le Hudry dans les conditions posées par vous. J’accepte le jeune Cognien ou Cognissois ou Cognissien(3); enfin j’accepte. Qu’est-ce que signifie la manière dont on a mis mon nom, puis retiré, puis remis, puis retiré encore de la Commission des ouvriers d’usine(4)? Harmel m’a écrit pour vous demander. J’ai répondu que je vous cédais, mais dans la manière où vous voudriez vous donner. Donnez-vous comme il vous plaira. Ici les affaires vont très doucement, mais il me semble qu’il y a d’excellents germes. Mariage et Garnier sont arrivés à très bon port; ce sont deux charmants enfants. Donnez-nous en beaucoup de cette espèce.
Je suis un peu furieux contre le P. Halluin, qui, malgré que j’en dise, laisse Père Pierre-Baptiste aux Brebis. Veuillez écrire à celui-ci que vous l’attendez à Paris pour le 16 ou le 17. Il partira de là pour les Châteaux, et le P. Halluin en pâtissant verra la nécessité de faire ce qu’on lui dit(5).
Je n’ai rien de nouveau à vous dire, sinon que Sauvage(6) est brouillé avec l’évêque de Montpellier. Que dites-vous de la suppression de l’Univers? Commencement de la fin. Je suis bien tendrement à vous et au P. Pierre.

