Mon bien cher ami,
Je vois partir le Fr. Georges(1) avec beaucoup trop peu de peine. C’est un garçon condamné à mort, un peu plus tôt un peu plus tard, mais avant peu. Entre le P. Picard et lui, il y a un monde(2). Si le P. Picard avait voulu le prendre à Nice, j’y aurais consenti, mais je ne l’y aurais pas envoyé de moi-même. Dieu nous prive d’un malade à soigner. Est-ce une punition?
Vous pouvez compter sur moi, à moins d’événement imprévu, du 1er février à peu près jusqu’au 1er mai(3). Je serais dégagé, supposé qu’il y eût des événements qui exigeraient ma présence à Nîmes; autrement je voudrais commencer sérieusement pendant trois mois ce que le P. Picard me pousse si fort de faire(4). J’ai eu avec ce bon Père quelques très bonnes conversations.
La rentrée est très belle. Nîmes fournit peu, mais les environs extrêmement. Nous avons M. Bensa pour professeur; ce qui eût permis au Fr. Georges de travailler, mais ses idées sont absurdes et d’un poitrinaire, dont les projets grandissent à mesure qu’il est plus près du tombeau.
Adieu, mon cher ami. Si vous tenez à le savoir, la Gazette de Nîmes se coule. Pourriez-vous préparer un groupe d’hommes, pas plus de 10 à 12 au plus, 3 ou 4 au moins, avec qui nous pussions traiter la question des corporations?
Totus tibi.

