Mon bien cher ami,
J’ai reçu votre petit mot, de Nîmes, charmant comme tout ce qui vient de vous, mais j’ai de gros chats à fouetter. Je passe de suite à l’opération.
Ne croyez pas que j’ai oublié mon second article sur l’avenir de l’enseignement(2). Ce qui m’embarrasse, c’est la manière de traiter d’une façon pratique la question de l’organisation. Je trouve dans la circulaire n° 21 du Comité catholique le projet d’une Commission; mais cette Commission, qui la compose? Et puis elle n’aura qu’une durée temporaire. Il faut quelque chose de stable. Il n’y a que trois combinaisons: ou prier le Comité catholique de prendre dans son sein une Commission permanente; ou nous tourner vers la Société générale d’éducation; ou enfin nous charger nous-mêmes de cette grosse affaire, en convoquant quelques amis de Lille, de Belgique, du Midi. Nous y mettrions M. Gaume, M. de Hemptinne, etc. Nous aurions pour nous l’évêque de Nevers, l’évêque du Mans(3), peut-être quelques autres avec. Enfin nous commencerions.
Le centre devrait être à Paris. Dois-je m’y jeter à corps perdu? Grosse question que je demande à Dieu de me bien montrer dans un sens ou dans un autre, mais qui veut être résolue. Vous sentez-vous de force, si l’on vous aide, de la mener? Vous comprenez. Il s’agit ici d’un leader, comme pour les partis anglais. C’est vous, c’est moi, c’est le P. Picard, c’est Baudon, mais il faut un petit groupe. Réfléchissez à tout cela. Il n’y a rien de décidé, mais on peut arriver à quelque chose avec du temps, de la patience et de la persévérance.
Nous allons envoyer trois enfants au Vigan: Andoli, Péglion et un de Sospel. Ils seront vite remplacés. Et vos Parisiens? Totus tibi.
E.D’ALZON.
Félicitez le P. Hippolyte de ses succès chez M. Maignen(4). M. d’Hornoy dit qu’il est très difficile de faire mieux et que rarement on fait aussi bien.

