Ma chère fille(1),
Merci toujours de vos bonnes lettres. Je ne vois pas qu’il y ait grand-chose dans la lettre de M. Corrieux, celle de M. Besson est banale(2). Je suis bien résolu à me taire et à laisser passer tous ces tripotages. Faites dire à M. Bouet que je compte toujours sur lui, mais après ce qui s’est passé entre nous, j’aurais une pauvre opinion de son caractère s’il se laissait entraîner par le Chapot(3).
Je suis assez souffrant ces jours-ci. Je devais aller demain à Arras, j’y renonce. Ce matin, je ne suis pas vaillant, et, pour un rien, je me remettrais au lit.
Adieu, ma bien chère fille. Bien vôtre en N.-S.
E.D’ALZON.
Probablement et même certainement j’irai au sacre, mais je vous prie de dire que je serai peut-être dans l’impossibilité d’arriver pour le jour de l’entrée du nouvel évêque. Il est possible que je sois obligé d’aller à Lille présider la Commission la plus importante d’un Congrès très important lui-même. Veuillez dire aux gens qu’entre les tripotages des chanoines et le mouvement catholique de toute la France il n’y a pas pour moi à hésiter.

