DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 344

Je suis plus pris par l’évêque que par les élections – A Montpellier – Priez Notre-Seigneur pour le miracle de ma conversion.

DR11_344
5580
DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 344
Orig.ms. ACR, AD 273., D’A., T.D. 24, n. 1227, p. 3.

Nîmes, 12 février 1876.
12 feb 1876
Nîmes

Ma chère fille,

Je suis bien paresseux, mais si vous saviez ce que c’est que d’être pris tout le jour, et, le soir, de ne pouvoir qu’à grand-peine lire ou écrire, et de se coucher, faute de pouvoir faire mieux! Bon! on m’interrompt.

Les élections me préoccupent moins que vous ne le supposez. Elles m’ont brouillé avec le préfet(1), et j’y trouve du temps. Je suis plus pris par l’évêque, qui, par exemple, me prend demain à Montpellier, pour aller voir Mgr Mermillod. J’en profiterai pour voir la M[ère] M[arie] du Christ. Quant à Elisabeth de Lansade, j’ai parlé clair à son père. Nous verrons.

Avec un demi-pensionnat, le jardin Lap[runarède] serait très acceptable. Il faudrait un omnibus, mais vous auriez un superbe terrain. L’externat y réussirait moins que le demi-pensionnat. Je crois qu’il faudra vous-même voir la chose.

Si j’ai fait un peu de bien à votre Américaine(2), je pourrai continuer à mon voyage à Paris. Je sens que Notre-Seigneur veut que je me convertisse tout de bon. Priez-le bien, pour qu’il fasse ce miracle. Je vous promets de vous le rendre, en lui demandant de faire que vos douleurs soient parfaitement méritoires.

Mes yeux n’en veulent plus. Bien tendrement vôtre.

1. M. de Champvans doit s’être montré trop favorables aux « blancs purs » ou aux « légitimistes exagérés », pour employer le langage du P. d’Alzon. 2. « Vous avez écrit à Soeur Marie de la Miséricorde (Sarah, la convertie) une lettre qui a été pour elle une telle lumière et une telle force qu’elle est toute transformée par la méditation de vos conseils » (10 février).