Mon cher ami,
Je vous félicite, mais tenez-vous loin des hommes au pouvoir(1). Ici revirement de Franchi qui passerait aux Prussiens. Ceci me semble fort, quoiqu’on me l’ait assuré ce matin. Franchi a le diabète, une maladie de coeur, a été trouvé évanoui à la Propagande, commence à se brouiller avec les Vannutelli, mais de plus compromet, je crois, le Pape dans une affaire financière. Franchi suit une ligne qui déplaît à beaucoup. On dit que Léon XIII attend la mort de quelques cardinaux pour les remplacer par des gens de sa confiance. Amat, mort il y [a] huit jours, Berardi(2) cette nuit, font des vides qu’il remplacera, comme il le jugera bon, et c’est là peut-être qu’on le jugera. Je ne vous en dis pas davantage.
Addio.
E.D’ALZON.
Le Pape penchait, il y a quelques jours, pour les élections politiques. On lui a fait des observations. Il a convoqué une Congrégation de cardinaux ad hoc, et une note contre ces élections a paru dans l’Osservatore. Quand vous voudrez savoir la pensée romaine, vous la trouverez dans les Ultime notizie du Divin Salvatore. Proposez-lui l’échange ou abonnez-vous. Nous nous arrangeons pour qu’il remplace sans frais et sans jalousie la Correspondance de Genève.

