DERAEDT, Lettres, vol.12 p. 590

Un traducteur pour votre livre – La misère apprivoise bien des gens – Je ne suis plus grand vicaire – Désarroi du catholicisme libéral – L’Eglise et la Révolution.

DR12_590
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DERAEDT, Lettres, vol.12 p. 590
Orig.ms. ACR, CV 68.

Nîmes, 19 octobre 1878.
19 oct 1878
Nîmes

Mon cher ami,

Voici un traducteur qui s’offre pour traduire votre livre. Je pense que vous pouvez traiter directement avec lui. Je vous envoie sa lettre.

Il paraît qu’un certain nombre de prêtres apostats de Genève auraient fait leur soumission. S’ils ne comptaient que [illisible](1) un an ou deux, ils rentreraient en France par l’élection du peuple.

D’autre part, la misère qui sévit dans le Midi apprivoise bien des gens. On ne va plus autant dans les cafés et l’on va à l’église parce qu’on ne paie pas pour entrer.

Vous ai-je dit que, malgré l’évêque, je ne suis plus grand vicaire? J’ai plus de temps pour ma Congrégation. La mort de Mgr Dupanloup est le désarroi du catholicisme libéral. Je crois que l’Univers eût mieux fait de n’en rien dire(2). Il faut nous unir, et le Pape, faisant une encyclique pour dire qu’il n’y a plus que deux camps: l’Eglise et la Révolution, ferait un bien immense et fondrait toutes les nuances en une seule couleur.

J’arrive, j’ai mille affaires. Je vous serre la main en courant.

1. Les T.D. ont lu *dans*. Nous lirions plutôt *d’avoir*, mais cette lecture ne nous satisfait pas davantage. 2. Le biographe de Louis Veuillot juge l’article que ce dernier consacra à Mgr Dupanloup sévère mais modéré. Il n’en provoqua pas moins une levée de boucliers dans le camp des catholiques libéraux (Fr. VEUILLOT, *Louis Veuillot*, t.4, pp. 728-735).