DERAEDT, Lettres, vol.12 p. 632

15 dec 1878 Nîmes MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Je n’ai pu aller à Alais – Mère Marie-Gabrielle n’est pas vaillante – La prière bien au-dessus des forces personnelles – Mettre en avant les évêques nos amis – Votre nièce – Le prieuré – L’évêque.

Informations générales
  • DR12_632
  • 6532
  • DERAEDT, Lettres, vol.12 p. 632
  • Orig.ms. ACR, AD 1776; D'A., T.D. 24, n. 1318, pp. 84-85.
Informations détaillées
  • 1 AMITIE
    1 ANTIPATHIES
    1 AUGUSTIN
    1 BONHEUR
    1 CARDINAL
    1 CLERGE NIMOIS
    1 COLERE
    1 CRITIQUES
    1 DECADENCE
    1 DESIR
    1 EVEQUE
    1 FORCES PHYSIQUES
    1 GRACES
    1 GRANDEUR MORALE
    1 GRAVITE
    1 INTEMPERIES
    1 LIBERALISME CATHOLIQUE
    1 LIVRES
    1 MALADIES
    1 NEGLIGENCE
    1 NOVICIAT
    1 OUBLI DE SOI
    1 PARENTS D'ELEVES
    1 PARESSE
    1 PATERNITE SPIRITUELLE
    1 PRIERE DE DEMANDE
    1 PRIEURE DE NIMES
    1 RECONNAISSANCE
    1 RESIDENCES
    1 RETRAITE SPIRITUELLE
    1 SANTE
    1 SUFFISANCE
    1 SUPERIEUR DE COMMUNAUTE
    1 SYMPTOMES
    1 VIE DE PRIERE
    1 VOCATION RELIGIEUSE
    1 VOYAGES
    2 BESSON, LOUIS
    2 COURCY, MARIE-GABRIELLE DE
    2 DUFAURE, JULES-ARMAND
    2 DUPANLOUP, FELIX
    2 LANGENIEUX, BENOIT-MARIE
    2 MILLERET, MARGUERITE
    2 PICARD, FRANCOIS
    2 PIE, LOUIS
    2 STANISLAS, CAPUCIN
    3 ALES
    3 CANNES
    3 ROME
  • A LA MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • Nîmes, 15 décembre [18]78.
  • 15 dec 1878
  • Nîmes
La lettre

J’aurais dû aller à Alais, ma chère fille, et le froid joint à des crampes m’en a empêché. Je suis resté quatre jours sans sortir. La Mère M.-Gabrielle a eu aussi un point de côté, avec une autre misère. Elle n’est pas vaillante, cette pauvre Mère. Elle a, par moments, comme des coups de sang où sa figure devient pourpre.

Quant à votre retraite, je vous félicite bien sincèrement de l’avoir faite. J’ai été heureux d’avoir le prétexte de ne pouvoir sortir. Ah! que je sens pour un supérieur l’utilité de la prière! Ce qui est le principe de saint Augustin: Magis Deus voluit nos orationibus certare quam viribus. La prière bien au-dessus des forces personnelles, que c’est vrai!

Merci de ce que vous me dites du P. Stanislas. Veuillez me rappeler à son souvenir, avec la plus grande affection de ma part. Le P. Picard vous aura communiqué le contenu d’une lettre, d’où il résulte que M. Dupanloup allait s’installer à Rome pour y être cardinal (probablement) romain, M. Dufaure poussant M. Langénieux comme cardinal français.

Je trouve, en étudiant les agissements de la secte, que nous avons eu le plus grand tort de ne pas assez parler des évêques nos amis. On leur pourrait donner une force morale à opposer aux autres. C’est pour cela que j’ai mis un mot dans le Pèlerin sur le volume de Mgr Pie, extrait de ses oeuvres. Du reste, je n’ai rien exagéré pour les hommes sérieux qui savent comprendre. Ah! si cette personnalité personnelle voulait faire un peu plus abstraction d’elle-même, quelle grandeur n’atteindrait-elle pas! Et que de services elle rendrait!

J’ai été heureux que vous m’apprissiez l’entrée de votre nièce au noviciat. Vous savez si je prie pour que Dieu lui donne les grâces d’une bonne vocation! C’est un appui pour vous et une grande consolation. Vous devenez plus sa mère et vous pouvez la soustraire à bien des dangers. Je devais aller à Alais et j’aurais parlé de Cannes aux Dames blanches; mais peut-être serait-il imprudent d’en écrire, à moins que vous ne le désiriez.

Le prieuré jouit de la défaveur de quelques prêtres qui m’aiment peu, qui sont furieux de ce que je ne les y ai pas introduits, et qui détournent les parents d’y mettre leurs enfants et les jeunes personnes d’y entrer. J’ai quelques raisons de croire que cela aura un terme assez prochain. L’évêque reprend sa pente de paresse et de laisser-aller. Le mécontentement, un instant suspendu, me semble s’accentuer de nouveau. Les prêtres qui se sont livrés à lui tomberont avec lui. Je me tiens dans mon coin, je regarde, mais cela ne peut durer bien longtemps.

Bien vôtre en Notre-Seigneur.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum