Cher ami,
J’écris au P. Bailly. Je crains de le peiner en lui disant que le Pèlerin ne fait guère du bien que par le mal qu’il empêche. Il me semble qu’il doit faire plus.
Mais parlons de Notre-Dame de Salut. Pouvez-vous q[uel]q[ue] chose pour cette oeuvre? Et que pouvez-vous? Ne pensez-vous pas que devant la défaite générale vous serez plus libres, ou bien qu’au nom de la défaite même on vous ordonnera de faire les morts? Donnez-moi votre avis là-dessus. Allez-vous rentrer dans les Comités catholiques? Allez-vous vous unir aux Cercles ouvriers? Vous entendrez-vous à Paris, et avec qui?
Telle est la question. Gardez mes lettres sur ce sujet. Je garderai les vôtres à part sur ce même sujet. La question devient grave. Faut-il se jeter dans l’arène, tête baissée? Faut-il attendre? Que faut-il faire, et comment? Quel est le public du Pèlerin? A-t-il beaucoup de lecteurs sérieux? Quoi qu’on dise, le terrain légitimiste n’est pas cultivable en public pour le moment. Ah! que les curés sont coupables, quand Gambetta a dit : « Le cléricalisme c’est l’ennemi », de n’avoir pas relevé le gant! Mais ce n’était pas prudent! Il valait mieux ériger un monument à Mgr Dupanloup(1).
Adieu, et tout à vous.

