Cher ami,
Je vous permets de traiter Fr. Adrien absolument comme vous l’entendrez(1). Il nous arrive un jeune homme du Nord. Il a passé huit mois à la Trappe, mais les austérités l’ont rendu malade. Il va mieux. Son supérieur lui donne les meilleures recommandations. Il demande à rester dans le Midi, je crois devoir le garder à l’essai.
Fr. Thomas(2) m’écrit la lettre la plus incohérente. Il veut aller en mission, en Bulgarie, veut entrer aux Missions étrangères, a 1.000 francs à sa disposition, veut aller renouveler ses voeux entre vos mains. Vous comprenez que je préfère ne pas lui répondre.
Notre-Dame de Salut prend fond à Nîmes. On va l’établir à Alais. Quelle misère partout! Nous tâcherons de nous voir pendant la Semaine sainte.
Je crois avoir répondu à tout ce que vous me demandez, sauf pour le petit office(3). Attendez, avant de faire réimprimer. Je crois qu’il vaudra mieux proposer les heures du diurnal, sauf à n’en prendre qu’une partie pour quelques personnes. La République s’enfonce ici. Je présume que c’est quelque chose de semblable à Paris.
Totus tibi.

