J’ai reçu hier soir votre lettre, ma chère fille. Ajournons donc des explications, qui seront peut-être plus faciles de vive voix que par correspondance. Quant à moi, je précise bien la question.
1° Il y a certains défauts à réformer dans la maison de Nîmes.
2° Tous ne viennent pas de la maison même.
3° Je crois qu’on a sur la maison des préventions exagérées.
4° Si sur certains points je ne puis pas m’entendre avec vous ou avec votre Conseil, je ne demande pas mieux que de céder la supériorité à un autre(1).
Les Soeurs se plaignent de ce que je ne vais plus les voir. Cela m’est bien difficile. Je préfère comme plus loyal de m’abstenir de paraître, pour n’avoir pas l’air de parler en dehors de vos intentions. Car, je ne puis vous le dissimuler, vos lettres à moi -je ne parle pas des autres- me semblent injustes sur certains points. Je vais dire la messe et je vous écris, avant, ces quelques mots, parce que je prévois que le service de Pie IX pour toute la ville(2), des malades et une réunion générale des oeuvres de charité absorber[ont](3) mon temps.
Ainsi à la Semaine sainte, ma chère fille, à moins d’impossibilité absolue.
E.D’ALZON.
On m’assure que les Jésuites ont tous dans leur chambre l’argent nécessaire pour s’enfuir aussitôt que la loi d’expulsion sera votée.

