Bien cher ami,
Je compte bien, si vous le pouvez, que vous viendrez au plus tôt. Je vous donne absolument jusqu’au lundi de Pentecôte, à moins que vous ne soyez indispensable pour l’ordination de votre diacre et de vos sous-diacres(1). Alors venez plus tôt. Tâchez de nous dire ce qu’il faut penser des projets anarchiques. Mais alors, à quand? Je crois que nous avons besoin de nous entendre.
Vous pouvez dire à l’Univers, comme renseignement non pas bon à publier mais utile pour le comparer à d’autres, que le mouvement de dégoût pour la République se manifeste dans la Vaunage. Vous savez ce que c’est. Un homme à la tête d’une Agence et qui, par 40 ou 50 commis, rayonne dans l’Hérault, y fait la même observation. Les tonneaux se vendent à rien, et le vin absent ne remplit pas les bourses.
Devons-nous nous faire chasser du collège? Question très grave. J’y serais assez porté, et c’est pourquoi je n’ai pas voulu m’associer à la prépotence du Père du Lac(2).
Adieu, cher ami. L’évêque vous attendait demain à dîner. Totus tibi.
E.D’ALZON.
La supérieure g[énéra]le part ce soir pour Lyon. Elle a fait ici un vrai bien et a été avec moi parfaite. Nous nous sommes quittés en très bons termes. Quant à Mère Marie-Gabrielle, je ne crois pas qu’elle puisse rester ici, et quant aux autres les plus montées, jusqu’à présent il y en a qui disent: « Pourquoi n’est-elle pas partie plus tôt? ».
Adieu encore une fois.

