Cher ami,
Je reçois votre lettre et la mienne. Tout ce qui s’est passé est fort bien, et je m’en applaudis, soyez-en très persuadé. Le P. Picard pousse à l’autorité, j’ai peur qu’il ne fasse fausse route. Avec les femmes il faut se faire désirer. C’est essentiel, alors on les mène. Je ne ferai pas des idées du P. Picard une affaire capitale. S’il veut être délégué, je le laisserai l’être, mais je ne pousserai jamais au gouvernement par nous. Nous nous efféminerions trop. Il faut garder toutes nos forces pour nous. Un homme comme Pernet, un saint sans trop de génie, j’y consens; mais un homme de vraie valeur, je m’en épouvante.
Merci de l’histoire de Gambetta(2). Cela prouve que la prière est toute puissante et qu’il faut bien prier. P. Picard est à Saint-Gervasy. Il passera à Nîmes la journée de demain et partira pour Nice lundi(3) matin. Votre frère a prêché avec un merveilleux succès le mois de Marie à Saint-Baudile.
Totus tibi.

