Cher ami,
Vous êtes de retour à Saint-Anselme(1), je viens vous y fatiguer par une question. On veut vous affaiblir ici, en appelant M. de Mun. Je suis consulté de plusieurs côtés, je réponds: « Dans le Gard, M. Baragnon mène la question de l’enseignement, adressez-vous à lui ». Dans ma pensée, de Mun peut être plus solennel, avoir plus de la grande éloquence, comme on dit; à Nîmes, vous l’enfoncerez toujours. Je suis assez machiavélique pour dire: Appelez-le, faites-le votre chose; s’il réussit, ce sera votre profit; s’il échoue, vous triompherez par la comparaison. Mais en prenant les choses par un autre côté, de Mun voudra faire des cercles catholiques, et nos cercles n’en voudront pas. Les cercles à la de Mun coûtent un argent que nous n’avons pas et ne valent pas les nôtres. Vous voilà averti; avisez et faites ce que vous jugerez le mieux.
J’embrasse l’orateur de Chambord(2).
E.D’ALZON.
Voyons, le propriétaire du dit château vous aime-t-il? Faites-y attention.

