DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 217

17 nov 1879 Nîmes BAILLY_VINCENT de Paul aa

L’Union des oeuvres – Oeuvres de jeunesse non seulement populaire – Barbes blanches ou poils noirs? – Voilà mon tour d’année fini pour les prônes – Une circulaire cataplasme.

Informations générales
  • DR13_217
  • 6828
  • DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 217
  • Orig.ms. ACR, AH 252; D'A., T.D. 28, n. 599, p. 184-185.
Informations détaillées
  • 1 APATHIE SPIRITUELLE
    1 ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE
    1 CHARITE ENVERS LE PROCHAIN
    1 CIRCULAIRES
    1 CLASSES SUPERIEURES
    1 COMITES CATHOLIQUES
    1 LIBERALISME CATHOLIQUE
    1 MORT
    1 NOTRE-DAME DE SALUT
    1 OEUVRES DE JEUNES
    1 OEUVRES OUVRIERES
    1 PATIENCE
    1 PRUDENCE
    1 SERMONS
    1 TRIPLE AMOUR
    1 ULTRAMONTANISME
    1 VIEILLESSE
    2 BESSON, LOUIS
    2 DELAPORTE DU BOISROUSSEL, ALBERT
    2 PICARD, FRANCOIS
    2 PIERRE, SAINT
    2 SEGUR, GASTON DE
    2 SEVE, ANDRE
  • AU PERE VINCENT DE PAUL BAILLY
  • BAILLY_VINCENT de Paul aa
  • Nîmes, 17 novembre 1879.
  • 17 nov 1879
  • Nîmes
La lettre

Cher ami,

S’il est vrai que Ségur ait donné sa démission(1), ne croyez-vous pas que la fameuse Union est sur le point d’entrer en agonie? N’y a-t-il là aucun héritage à recueillir? N’y a-t-il pas, au contraire, à en prendre quelque chose pour Notre-Dame de Salut? Ne peut-on pas y adjoindre un comité d’hommes? Je parle de Notre-Dame de Salut. Ne peut-on pas se préoccuper un peu plus, non seulement des oeuvres de jeunesse populaire, mais des oeuvres de jeunesse d’une classe plus élevée(2)?

De toute part on me signale les Conférences de Saint-Vincent de Paul tombées en cheveux blancs et en barbes blanches. C’est la couleur de mon poil, mais les poils blancs ou noirs ont bien leur avantage. Pensez-y avec P. Picard.

Voilà mon tour d’année fini pour les prônes(3). On ne peut pas toujours recommencer. Que faire? Pensez et dites ce que vous pensez.

Sur ce, bonjour.

E.D’ALZON.

L’évêque de Nîmes vient de faire une circulaire cataplasme. C’est charitable, c’est patient, c’est prudent, c’est ramollissant, c’est somnifiant le courage chrétien; en un mot, c’est libéral.

E.D'ALZON
Notes et post-scriptum
1. Le P Delaporte, Prêtre de la Miséricorde, succéda à Mgr de Ségur à la présidence de l'Union des oeuvres.
2. Comment s'emparer de la jeunesse ? Voici ce qu'en pense le P. Bailly (18 novembre) :
"Voici mon ours. Faire une revue comme il n'y en a pas [...] et de cette revue toute de combat et d'enseignement des points de vue de l'Eglise faire :
1° Un point de ralliement
2° Un moyen de formation pour nos jeunes gens d'élite, [...]."
Suit tout un développement sur la faisabilité du projet : publicité, matière, collaborateurs (au premier rang desquels évidemment il met le P. d'Alzon).
Et voilà, l'idée de la Revue resurgit (v. *Lettre* 6813, n.1). Le train est sur les rails...
"Mais il faudrait s'entendre vite, car le 1er janvier est une date qui s'impose et le 1er décembre serait l'heure du numéro-specimen et de la propagande." Décidément, ce train n'est pas un omnibus...
3. Le P. d'Alzon a accompli son "tour d'année" en deux étapes. La première du 27 octobre 1877 au 6 juillet 1878 (de la Toussaint au Précieux Sang), la seconde, commencée le 31 mai avec un sermon sur la Pentecôte, va se terminer le 6 décembre avec un prône sur l'Immaculée Conception.
Du 3 janvier au 8 mai 1880, chaque numéro du *Pèlerin* contiendra encore un prône. Il faut y ajouter les numéros du 26 juillet et du 15 août qui donnent respectivement un prône sur saint Pierre et un prône sur l'Assomption. Ce que Jésus a le plus aimé et que nous devons aimer *pour l'amour de lui*, Marie, sa mère, et l'Eglise, son épouse : les deux derniers prônes du P. d'Alzon. C'est l'occasion de renvoyer au beau chapitre sur le triple amour d'André SEVE, *Ma vie c'est le Christ. Emmanuel d'Alzon*, p. 110-128, Centurion, 1980. Ces pages sont une belle leçon sur cet aspect de la spiritualité du P. d'Alzon. Celles qui sont consacrées à l'amour de l'Eglise permettent en outre de mieux comprendre un ultramontanisme qui peut paraître parfois outrancier.