Cher ami,
Enfin, la neige vous a laissé passer. Avant-hier 7, tempête effroyable, sans nuages. Hier 8, sept degrés de froid; ce matin, encore plus. Hier on a illuminé(1), mais les quatre cinquièmes des lampions n’ont pas pris.
Voici un mot pour P. Bailly. Il faudra en revenir à la Revue de l’enseignement chrétien. Je trouve ses titres faux, néfastes ou un peu fades (prodigieux!). Le P. Laurent envoie son article; moi, je demande au moins six mois pour comprendre ce qu’on veut dire. Qu’on fasse le premier article, j’en suis incapable, vu mon incompréhension. Qu’on ne me propose plus rien, qu’on choisisse. Si je comprends, tant mieux! Si je ne comprends pas, tant pis! Mais le Croyant Lamennais; mais Charlemagne, avec les chevaliers de la Table ronde!!! Allons, c’est par trop farce ou hérétique. Donc vous choisissez. Je me récuse. Chacun a son idée. Mais si je promets de ne pas désapprouver et d’en passer, quant au titre, par où l’on voudra, je me réserve le droit de me taire, si je n’approuve pas. Je n’ai pas répondu par le télégraphe. Je trouve que c’est assez d’une fois pour ces questions. Si nous n’avons pas le courage d’être des gens de lutte, ce n’est pas la peine de se mettre en campagne, et si nous voulons lutter, il faut le dire.
Si la Revue doit être la doublure du Pèlerin, ce n’est pas la peine de la faire. Il faut consentir à n’être pas aussi populaire, mais s’adresser à un public sérieux. N’oublions pas que le Pèlerin plaît, parce qu’il donne dans le genre Zozo. Si c’est pour rester dans ce genre, je reste au coin de mon feu. Le Pèlerin suit par un côté une pente défavorable, l’abaissement de l’esprit, tout en en dépensant beaucoup. Les Français ne sont pas capables de plus, mais alors qu’on ne s’occupe que du Pèlerin(2).
Adieu. Voici un mot pour le P. Bailly. Tout vôtre.

