DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 283

Acceptez ce que vous pouvez porter des souffrances et humiliations de Notre-Seigneur.

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DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 283
Orig.ms. AC R.A.; T.D. 35, n. 15, pp. 202-203.

Nîmes, 4 mars 1880.
4 mar 1880
Nîmes

Où se perdent mes lettres, ma chère enfant(1), je n’en sais rien, mais très positivement elles se perdent. Je vous ai répondu un peu tard, mais je vous ai répondu. Pour éviter les inconvénients d’un retard, je prends immédiatement la plume pour vous encourager dans vos bonnes résolutions. Profitez de la fin du carême pour vous retremper aux pieds de Jésus crucifié, acceptez ce que vous pouvez porter de ses humiliations et de ses souffrances. La vie religieuse, pour certaines âmes, est à ce prix.

Voyez ce que vous voulez donner, en vraie fille de saint Patrice dont je viens d’étudier la vie, et qui était un saint rudement terrible. Je ne vous dis pas, imitez-le en tout, mais imitez-en ce que votre faiblesse peut vous permettre. La vie de la cellule est très utile, quand on en profite pour se recueillir et prier beaucoup. Le jour où vous serez devenue une vraie fille d’oraison, vous serez une âme sauvée.

Oui, vous avez bien raison, l’époque de votre profession vous talonne; vous devriez l’avoir faite. Qu’elle suive Pâques de près. Montez au Calvaire avec Notre-Seigneur, ressuscitez avec lui, et que vos voeux vous attachent à lui d’une façon inébranlable [pour que] vous soyez un jour, comme votre patronne, immuablement unie à votre époux.

Bien vôtre en Notre-Seigneur.

1. Les T.D. donnent comme destinataire « une Religieuse de l’Assomption ». Le rapprochement avec la lettre précédente justifie, semble-t-il, la précision que nous apportons. « Vraie fille de saint Patrice » confirme.