DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 285

7 mar 1880 Nîmes MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

M. Révoil – A propos de diverses religieuses du prieuré.

Informations générales
  • DR13_285
  • 6899
  • DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 285
  • Orig.ms. ACR, AD 1808; D'A., T.D. 24, n. 1355, pp. 122-123.
Informations détaillées
  • 1 ANCIENNES ELEVES
    1 ARCHITECTURE SACREE
    1 CHAPELLE
    1 CHAPITRE GENERAL
    1 CONFESSIONNAL
    1 COUVENT
    1 CRITIQUES
    1 FAMILLE
    1 FORMATION A LA VIE RELIGIEUSE
    1 MISERICORDE
    1 PREDICATION
    1 PRIEURE DE NIMES
    1 RUSE
    1 SENSIBILITE
    1 SPOLIATEURS
    1 SUPERIEURE
    2 BRUN, HENRI
    2 COURCY, MARIE-GABRIELLE DE
    2 FERRY, JULES
    2 HUMMEL, MARIE-PAUL
    2 LANSADE, ALFRED DE
    2 LANSADE, ELISABETH DE
    2 LANSADE, FAMILLE DE
    2 LAURENT, CHARLES
    2 MAUVISE, MARIE DU CHRIST DE
    2 MOROGUES, MADELEINE DE JESUS DE
    2 PICARD, FRANCOIS
    2 REVOIL, HENRI-ANTOINE
    2 WITMANN, THERESE
    3 MONTPELLIER
    3 NICE
    3 NIMES
    3 NIMES, CATHEDRALE
  • A LA MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • Nîmes, 7 mars 1880.
  • 7 mar 1880
  • Nîmes
La lettre

Ma chère fille,

J’ai une minute, je me hâte de vous répondre. Restez tranquille pour M. Révoil. Je ne crois pas devoir me mettre en rapport avec lui, mais ce n’est pas une raison pour que vous n’y soyez pas. Je me rappelle ses plans de chapelle et ne les approuvais pas, quand il n’y avait rien entre lui et moi. Pourquoi vous mettre dans l’embarras en me consultant? Ne vaut-il pas mieux réserver votre indépendance vis-à-vis de lui? d’autant plus qu’il s’entendra bien mieux avec vous, s’il sait que je ne suis pas derrière. Encore une fois, vous n’êtes pour rien là-dedans. Il est bien assez embarrassé avec la cathédrale, le pauvre homme! Et peut-être s’il me parlait, il me suffirait de le regarder pour lui faire passer un très mauvais moment. A quoi bon? Je deviens tous les jours plus miséricordieux, mais il est des questions où il importe qu’on sache que j’y vois clair.

Quant à la famille de Lansade, le père s’est laissé mener comme toujours par le bout du nez. En cela le plus coupable c’est moi, qui, quand une fille parle de son père comme j’ai entendu parler Soeur Cécile-Elisabeth, aurais dû comprendre qu’à un moment donné elle n’épargnerait pas davantage ses supérieures(1).

Ne ferez-vous pas changer de couvent à Thérèse Witmann(2)? Il y a des choses que je ne puis pas dire, mais qui ont des inconvénients. Qu’il y ait à dire sur certaines supérieures, je le crois. Et puis quel malheur qu’elles ne conviennent pas à une fille qui plante la sa famille spirituelle! Un peu d’adresse eût pu la retenir. La chose faite, je ne la regrette pas.

Entre nous, si Soeur Madeleine de Jésus est aussi sensitive que me l’a faite le P. Picard, quand il ne voulait pas qu’elle vînt à Nîmes, il lui manque quelque chose pour être supérieure, mais l’essentiel, c’est qu’elle soit capable de se former. On n’est pas passé maître du premier coup.

Quant à la supérieure de Nîmes, je l’estime profondément. Elle a pu faire à Montpellier une ou deux maladresses, mais depuis qu’elle est ici, je cherche et n’en trouve pas. Elle pose la maison sur un pied excellent. Je sais qu’elle a à lutter contre une coterie qui se fond tous les jours. Ce qui en restera ne vaudra pas la peine d’être compté: deux ou trois très honorables familles, deux anciennes élèves, j’en vois trois. Ajoutez que je sais des personnes heureuses de pouvoir crier, uniquement parce que leur position ne leur permet pas de demander une diminution et que le phyloxéra s’oppose à ce qu’elles fassent les dépenses voulues. Les plaintes contre le couvent sont alors un heureux prétexte. Vous voyez que je me rends compte de tout. Si depuis le Chapitre général Mère M.-Gabrielle avait mené sa maison, comme Mère M[arie] du Christ depuis six mois, il n’y aurait pas eu assez de louanges pour le prieuré.

Savez-vous que le P. de Pascal arrive ce soir pour voir demain sa cousine? Que se passera-t-il? La cousine(3) est peu contente.

Le P. Laurent est amusant. Son goût pour le prieuré repousse de plus belle. Il y va tant qu’il peut, mais je tiens à ce qu’il laisse au P. Brun les coudées franches. Je crois qu’au confessionnal ce dernier fait plus de bien, mais il est bien peu capable de prêcher. Je les laisse se débrouiller.

Bonsoir, ma fille.

E. D’ALZON.

Ai-je tort d’être peu ému de l’article 7(4)? Dieu nous viendra en aide.

E.D'ALZON
Notes et post-scriptum
1. Depuis le départ de Sr Cécile-Elisabeth on ne se privait pas dans certains milieux de critiquer les Religieuses de l'Assomption de Nîmes et de Nice.
2. Nièce de Sr Marie-Paul.
3. Mère Marie du Christ.
4. Le Sénat va adopter le 15 mars le second projet Ferry réservant le droit de conférer les grades universitaires aux seules Facultés d'Etat, mais il en disjoindra l'article 7 qui interdit aux membres des congrégations non autorisées de diriger un établissement ou d'y enseigner.