Cher ami(1),
Cette lettre a deux buts: le premier est de vous prier de serrer la main à Veuillot de ma part pour sa noble et magnifique lettre(2). Elle est parfaite, je ne lui écris pas pour qu’il n’ait pas la peine de me répondre. Oui il a écrit pour la joie de ses amis. C’est ferme, humble, sincère, plein de foi. C’est la réponse d’un chrétien offensé publiquement et qui se justifie sans vengeance. Tant pis pour ceux qui ne comprendront pas ce langage.
Le second but est pour vous prier de me faire ou de nous faire en deux mots l’historique du mandement d’Orléans(3). Est-ce une incartade? Ou un coup monté? Qui a poussé? L’archevêque y est-il pour quelque chose? Roux prétend que c’est un coup d’intimidation. Savez-vous que le livre de l’abbé Gaume(4) me jette tous les jours un peu plus de son côté. Ses lettres me semblent parfaites.
Adieu. Roux(5) va bien, il s’est jetté [sic] dans son programme de philosophie; il n’en bouge ni n’en sort.
Adieu encore une fois.

