Monsieur et bien vénéré curé,
Depuis longtemps déjà, je me serais rappellé (sic) à votre bon souvenir, et je vous aurais demandé de me conserver cette affection si bienveillante que vous m’avez montrée pendant le cours du carême(3), si je n’eusse trouvé ici un travail arriéré et qu’il m’a fallu déblayer par une activité non interrompue. Cependant je ne veux pas que vous me croyiez trop oublieux et je tiens à ce que vous soyez convaincu que les méridionaux ont le coeur aussi consistant que chacun.
Oserai-je vous demander si pendant le carême, la maison de l’Assomption a été aggrégée à l’archiconfrérie? Il me semble que je vous l’ai demandé; cependant pour plus de sûreté, je vous prierai de m’accorder une lettre d’aggrégation nouvelle, car vous pensez bien que je dois extrêmement tenir à ce que mes enfants soient les vôtres et ceux de la sainte Vierge. Du reste, elle me les a bien gardés pendant mon absence, cette bonne mère; en arrivant, j’ai trouvé une sensible amélioration chez plusieurs d’entr’eux, et cette amélioration s’étend tous les jours. Voici une lettre d’un de ces petits morveux qui veut absolument se recommander lui-même. C’est un enfant charmant et qui, je l’espère, sera un jour prêtre.
Oserai-je vous prier, Monsieur le curé, de me rappeller (sic) au souvenir de vos collaborateurs? Je regrette tous les jours les précieuses relations que j’ai eues avec plusieurs d’entr’eux.
Adieu, Monsieur le curé, aimez-moi toujours un peu, et demandez pour moi à la sainte Vierge de protéger l’oeuvre qui absorbe toute ma vie et que j’ai mise sous sa protection, veuillez agréer l’hommage de mon tendre respect et de l’humble affection avec lesquels je suis votre tout dévoué serviteur et fils en N[otre] S[eigneur].

