Ma chère cousine,
Un mot seulement pour vous dire la part que je prends à vos angoisses et à celles d’Eugène. Je prie tant que je puis pour sa femme(2). Est-ce que les Eaux Bonnes ne pourraient la soulager? Elles ont prolongé la vie de tant de personnes! J’allai au moment de mon départ porter des nouvelles à Marie (la vôtre), je la confessai, je l’engageai à écrire à Marie (la mienne) pour l’inviter à sa première communion; j’espère bien vous y voir. En attendant je suis ici à prier Dieu et à me reposer en ne faisant rien. Adieu ma chère fille, que la vie est triste quand on la voit entourée de tant de déchirements! Il faut malgré soi lever les yeux au ciel et penser qu’il n’y a de consolation et de repos que là-haut. Vous savez que nous sommes convenus que [vous] deviendrez une vraie sainte et que vous en acquerrez les sentiments et les vertus. Je vous entends me dire « Eh non »! Mais je reprends de plus belle et je réponds très catégoriquement « eh oui ».
Mille fois vôtre en N[otre]-[Seigneur].

