Périer-Muzet, Lettres, Tome XV, p. 206.

A mesure que le vide se fait autour de moi, je m’attache plus fortement à Notre-Seigneur.

Mon cher ami, votre lettre m’a fait un vrai bien. Vous avez raison, nous devons rester unis dans les joies, surtout dans les peines, nous qui sommes prêtres et avons la consolation de monter à l’autel pour les vivants et pour les morts.

Que Dieu m’accorde une sainte mort comme celle des miens à qui j’ai fermé les yeux! A mesure que le vide se fait autour de moi, je m’attache plus fortement à Notre-Seigneur et aux oeuvres qu’il a daigné me confier. Mon ami, il n’y a que lui qui reste toujours le même près de nous dans le temps; il ne varie jamais ni dans sa présence ni dans son amour. Restons-lui fidèles afin de le retrouver, pour ne jamais le quitter, dans l’éternité où il doit être notre récompense et notre joie. Ah! Sursum corda!

Vous me donneriez une bien grande envie de venir vous voir en Angleterre. Dieu vous a traité en enfant gâté en vous appelant à travailler dans un pays où il y a tant de bien à faire. Ici, nous voyons des tempêtes se former à l’horizon; nous avons de grandes épreuves à traverser, mais Dieu et son Eglise sont là!

Adieu, cher ami, écrivez-moi souvent et croyez à mon inaltérable affection en Notre-Seigneur (2).