Que dites-vous, mon ami? Que vous vous sentez fort pour la lutte (1). Comment avez-vous pu écrire une pareille phrase? L’entraînement dela jeunesse (2) peut vous excuser jusqu’à un certain point; mais, je vous en conjure, ne faites pas le brave. Priez, humiliez-vous, soyez prudent, surtout quand vous parlez ou écrivez. Ah! mon ami, quelle parole insensée: Je me sens fort! Et que pouvons-nous sans la grâce de Dieu? C’est de là, et de là seulement que la force vient. C’est en comptant sur nos pauvres ressources que nous finissons par gâter les meilleures causes. Si vous voulez avoir la bénédiction de Dieu, dans vos présents ennuis, je vous le répète: humiliez- vous, mettez de côté tout sentiment d’amour-propre, retirez-vous dans la solitude, loin de tant de faux-amis; cherchez à faire en tout la volonté de Dieu, mais n’aspirez pas à remporter un triomphe. Faites-vous petit, fuyez les applaudissements et mettez-vous, sans réserve, entre les mains de Dieu et de ceux qu’il a établis pour juger votre cause. Ne vous détournez pas pour un seul instant de l’esprit catholique, qui est celui de la soumission, du sacrifice et de l’humilité. Dieu saura bien vous dédommager de votre oubli de vous-même s’il daigne se servir de vous pour quelque bonne fin. Vous savez combien vivement je m’intéresse à ce qui vous touche, par consé- quent, je vous dirai en terminant: Ne nous compremettons pas.
Adieu, tout vôtre en Nôtre-Seigneur.

