Périer-Muzet, Lettres, Tome XV, p. 331

A propos de l’affaire Galeran – L’attente de prêtres qui ont recours à Rome et restent sans réponse – Ses craintes vis-à-vis du gallicanisme d’Etat.

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Périer-Muzet, Lettres, Tome XV, p. 331
Orig. ms A.S.V. Arch. Nunz. di Parigi, CMC 5 foglio 207-208. ARC Photoc. BG 230.

Evêché de Nîmes, Nîmes le 1er mai 1864 (1).
1864-may-1
Nîmes
Evêché de Nîmes

Monseigneur,

J’ai l’honneur de transmettre à votre Excellence une lettre que M. L’abbé Galeran me fait parvenir par une voie détournée. Quel conseil donner à des prêtres ainsi traqués? Ils se tournent vers Rome, mais voilà bientôt deux ans que Rome ne répond pas à M. Galeran et [le] laisse endurer. Quel reproche peut-on adresser à M. Artaud? C’est un des plus saints prêtres de France et on menace son confesseur s’il le garde pour pénitent! Je crains fort. Monseigneur, que dans des circonstances analogues et qui se reproduisent, si elles restent impunies, des prêtres moins vertueux que MM. Galeran et Artaud ne profitent de la douloureuse expérience de ces bons prêtres, et laissant le pouvoir légitime duquel ils verront qu’il n’y a aucune protection à attendre, ne se tournent du côté de l’autorité temporelle qui déjà a fait faire des avances à quelques-uns des ecclésiastiques présentés dans le diocèse de Montpellier.

Je suis avec le plus grand respect. Monseigneur, de votre Excellence, le très humble et obéissant serviteur:

(1) Même remarque que pour la lettre précédente. Ce lot de documents de la Nonciature de Paris n’a été inventorié que récemment par Monsieur Olivier Poncet. Notre attention a été alertée à ce sujet par une autre étudiante à Rome, Mlle Séverine Blenner que nous remercions ici chaleureusement. (2) II s’agit toujours et encore des suites de l’affaire Galeran dans le diocèse de Montpellier. L’abbé Artaud était le curé desservant de Ceyras, remplaçant de l’abbé Galeran interdit par Mgr Lecourtier: cf note 2 de la page précédente.