Monseigneur,
J’ai l’honneur de transmettre à votre Excellence une lettre que M. L’abbé Galeran me fait parvenir par une voie détournée. Quel conseil donner à des prêtres ainsi traqués? Ils se tournent vers Rome, mais voilà bientôt deux ans que Rome ne répond pas à M. Galeran et [le] laisse endurer. Quel reproche peut-on adresser à M. Artaud? C’est un des plus saints prêtres de France et on menace son confesseur s’il le garde pour pénitent! Je crains fort. Monseigneur, que dans des circonstances analogues et qui se reproduisent, si elles restent impunies, des prêtres moins vertueux que MM. Galeran et Artaud ne profitent de la douloureuse expérience de ces bons prêtres, et laissant le pouvoir légitime duquel ils verront qu’il n’y a aucune protection à attendre, ne se tournent du côté de l’autorité temporelle qui déjà a fait faire des avances à quelques-uns des ecclésiastiques présentés dans le diocèse de Montpellier.
Je suis avec le plus grand respect. Monseigneur, de votre Excellence, le très humble et obéissant serviteur:

