Vailhé, LETTRES, vol.3, p.503

19 oct 1849 Nîmes, MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Reprise de sa maladie. -Il ne sera pas plus sévère que Dieu ne le serait. -L’évêque approuve enfin le noviciat à Nîmes. -Nouvelles diverses. -S’il ne lui dit pas toujours toutes ses misères, c’est surtout pour sacrifier une consolation.

Informations générales
  • V3-503
  • 0+654|DCLIV
  • Vailhé, LETTRES, vol.3, p.503
Informations détaillées
  • 1 COLLEGE DE NIMES
    1 DETACHEMENT
    1 DOT
    1 ENFANCE SPIRITUELLE
    1 MALADIES
    1 NOVICIAT DES ASSOMPTIONNISTES
    1 PRIERE DE DEMANDE
    1 RADICAUX ADVERSAIRES
    1 SEVERITE
    2 BALINCOURT, FRERES
    2 BALINCOURT, MARIE-ELISABETH DE
    2 BOLZE, MARIE-GERTRUDE
    2 BUCHEZ, PHILIPPE
    2 CART, JEAN-FRANCOIS
    2 LEGIER, ERNEST-GUSTAVE
    3 MARSEILLE
    3 NIMES
    3 PROVENCE
    3 SOREZE
  • A LA R. MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS (1).
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • le 19 octobre 1849.
  • 19 oct 1849
  • Nîmes,
La lettre

Ma chère fille,

Mon médecin vient de m’interdire la messe pour dix jours. Ceci est pour vous faire voir que j’ai pris la résolution de me soigner, et [pour] m’excuser, si je ne vous écris pas ces jours-ci aussi longuement que je le voudrais. Je ne dirai qu’un mot sur votre dernière lettre: je ne serai jamais plus sévère envers vous que Dieu lui-même, et tout ce que Dieu ne vous demandera pas, je ne vous le demanderai pas non plus. Du reste, je prie beaucoup pour vous.

Monseigneur approuve enfin le noviciat à Nîmes. J’ai eu une longue conversation avec lui. Pourvu que j’aille avec prudence, il approuve tout désormais. Je vous dirai ceci en détail: j’ai suspendu pour un temps l’idée de Sorèze, parce que, dans ce moment, Marseille m’envoie une masse d’enfants. Où je me trompe, ou j’aurai trop peu de place, malgré mes agrandissements.

Mlle Bolze est partie hier soir; elle vous arrivera avant ma lettre. Je vous remercie de ce que vous avez fait pour M. Légier(2), mais j’eusse préféré que vous lui eussiez refusé. S’il ne vous rend pas, je vous tiendrai compte des 100 francs; mais je préfère être censé ne pas me mêler de l’affaire pour un motif que je vous dirai, quand nous nous reverrons. M. Légier est parfait, mais on a abusé de lui ou plutôt de son peu d’expérience. Vous m’aviez déjà parlé des propositions relatives à Mlle de Balincourt. Je compte l’engager à réclamer le quart de sa dot, qui eût été de 400,000 francs. Ses deux frères y gagneront 300,000 francs; c’est bien assez. Les parents que je vois sont effrayés des progrès du radicalisme dans la Provence, et, en particulier, à Marseille. On ne sait où l’on va. Je n’ose pas vous parler de Buchez; sa déposition dans le procès m’a fait bien du mal.

Comme je vous le disais, je prie beaucoup pour vous. Adieu, chère fille. Que Notre-Seigneur vous maintienne dans vos bonnes dispositions! Et surtout, si vous avez envie de me dire une foule de choses qui vous maintiennent dans l’esprit d’enfance, ne jugez pas de vos dispositions par les miennes, et croyez surtout que, si je n’éprouve pas toujours le besoin de vous dire toutes mes misères, ce n’est pas manque de confiance, c’est le sacrifice d’une consolation que je dépose aux pieds de Notre-Seigneur. Et cependant, pour vous prouver que ce ne sont pas les aveux humiliants qui me coûteraient avec vous, je vous confesserai la peine que j’éprouve à me sentir si brisé dans mes forces. Mais je désobéis à mon docteur. Adieu.

Notes et post-scriptum
1. D'après une copie. Voir *Notes et Documents*, t. IV, p. 617 sq.1. D'après une copie. Voir *Notes et Documents*, t. IV, p. 617 sq.
2. Surveillant à l'Assomption.