Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.7

25 jan 1851 Nîmes, MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Il regrette que ses lettres ne lui fassent pas plus de bien, il doit y avoir de la faute à tous les deux. – Nouvelles relatives à une soeur novice et au P. Tissot. – Le P. Cahier trouve qu’il a mieux saisi l’esprit de saint Ignace que beaucoup de Jésuites. – Nouvelles diverses.

Informations générales
  • T1-007
  • 3
  • Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.7
  • Orig. ms. ACR, AD 746; D'A., T.D. 21, n. 3, pp. 5-6
Informations détaillées
  • 1 CHARITE ENVERS DIEU
    1 COLLEGE DE NIMES
    1 DOT
    1 ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE
    1 ESPRIT CHRETIEN DE L'ENSEIGNEMENT
    1 SOUFFRANCE SUBIE
    2 BALINCOURT, MARIE-ELISABETH DE
    2 CAHIER, CHARLES
    2 GAUDE, MARIE-RODRIGUEZ
    2 GERMER-DURAND, EUGENE
    2 IGNACE DE LOYOLA, SAINT
    2 PAUL, SAINT
    2 TISSOT, PAUL-ELPHEGE
    2 VIOLLET, MADEMOISELLE
    3 NIMES
    3 PARIS
  • A LA R.MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • 25 janvier [1851].<1>
  • 25 jan 1851
  • Nîmes,
La lettre

Je laisse les petites-heures qui sonnent, ma chère fille, afin de pouvoir causer un peu avec vous. Je désire que cette lettre vous trouve, à votre arrivée à Paris. Il est bien triste, je vous assure, de voir mes lettres vous apporter si peu de bien, quand je voudrais qu’elles vous en fissent tant. Toutefois, quoique je sois très convaincu qu’il doit y avoir de ma faute, puisque saint Paul dit: Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum,[2] il faut bien dire que, si vous aimiez un peu plus Notre-Seigneur, vous prendriez mieux ce qui peut être pénible pour vous dans mes paroles. Aussi il me paraît que le meilleur parti à prendre, c’est de vous exciter de plus en plus à l’amour de Dieu et de Notre-Seigneur. Elargissez donc, ma fille, votre pauvre coeur et placez-y l’amour de Dieu au-dessus de toute peine causée par les créatures, et que ce soit cet amour qui vous aide à juger les impressions que vous devez recevoir de tout ce qui vous vient de moi.

Je viens de m’occuper de l’affaire de Soeur Marie-Rodriguez[3] et je pense qu’il sera possible, pour le mois de mai, d’avoir les 10.000 francs qui doivent lui revenir. Peut-être cependant ferait-elle bien d’écrire à son beau-frère, pour lui demander si lui-même voudrait les lui compter et lui faire part de son intention, au cas où il ne le pourrait pas.

Etes-vous désireuse de vous débarrasser de M. Tissot? Si vous en étiez bien aise, j’ai une place où je puis le colloquer à merveille. Votre avant-dernière lettre me montrait une fatigue de lui, qui me porte à chercher à vous en débarrasser.

Nous avons en ce moment le Père Cahier à la maison. Je viens de l’envoyer visiter la fameuse église de Saint-Gilles et je présume qu’il sera content de la compagnie de M. Durand, que je lui ai donné pour guide. Nous avons eu ensemble une conversation de trois heures sur l’éducation, et il m’a avoué que ce qu’il avait entendu dire de l’Assomption de Nîmes lui faisait préférer cet établissement aux collèges tenus par les Révérends Pères, et qu’il espérait que les méthodes adoptées ici forceraient les Jésuites à emboîter le pas. Du reste, il a prétendu me prouver que j’avais saisi l’esprit de saint Ignace, tandis que la plupart des Jésuites d’aujourd’hui semblaient l’avoir perdu.

Il me faut vous quitter; c’est aujourd’hui samedi et le temps me manque pour aller plus loin. Pensez à ce que je vous dis au commencement de cette lettre et dilatez beaucoup en vous l’amour de Dieu.

Adieu, ma fille, et bien tout à vous en Notre-Seigneur.

Je n’ai rien dit aux parents de Valentine.[4] J’ai vu Mlle Viollet, dont je vous ai parlé. Si je donnais une bourse entière à ses deux frères, la prendriez-vous (avec sa mère comme pensionnaire) pour une pension de 500 francs?

Adieu, chère fille, encore une fois. Aimez Dieu et perdez toutes vos peines dans son amour.

E. D'ALZON
Notes et post-scriptum
1. La lettre est datée par erreur de 1850, car le samedi dont il est question à la fin de la lettre ne correspond pas au 25 janvier 1850, mais au 25 janvier 1851.
3. Césarine Gaude, de Nîmes, Religieuse de l'Assomption depuis le 24 mai 1849, après être sortie du Sacré-Coeur.
4. Valentine de Balincourt, devenue Religieuse de l'Assomption le 19 décembre 1849, sous le nom de Soeur M.-Elisabeth, vocation nîmoise.2. Rm. 8,28