Mon cher enfant,
Je vous remercie de votre petit billet[1] et des bonnes choses que vous me dites. Croyez qu’il est bien doux d’avoir des enfants comme vous, sur lesquels on puisse un peu s’appuyer. Je ne crois pas que Dieu le défende, puisque c’est lui qui nous a inspiré la pensée de nous unir; et à quoi bon s’unir, sinon pour s’appuyer les uns sur les autres? Vous me devez beaucoup de prières et j’en attends beaucoup de vous. Entendez bien cela, sans quoi je me fâcherai très fort; mais vous ne voudrez pas me mettre en colère et vous allez redoubler d’ardeur pour obtenir de Dieu toutes les grâces dont j’ai besoin, afin de prendre un bon parti. Depuis quelques heures, on m’a fait de nouvelles propositions, mais je ne les crois pas acceptables. Après y avoir réfléchi, réellement, je suis bien embarrassé.[2] Vous voyez bien qu’il est nécessaire de vous tourner de côté du bon Dieu, afin que nous y puissions voir clair.
Adieu, mon cher enfant. Priez pour moi et croyez-moi tout vôtre en Notre-Seigneur. Pour Pernet.[3]

