Ma chère fille,
Je reçois à l’instant votre lettre. Il est 1 heure de l’après-midi; il est matériellement impossible que la caisse puisse être faite pour partir. Je le regrette. J’ai là quatre ornements très passables, que j’aurais pu envoyer au Cap avec quelques autres objets; car, quoique je ne veuille pas prendre d’engagement, il n’en est pas moins vrai que lorsque vos filles souffrent, je suis mal à l’aise. Le froid est moins intense en ce moment au Cap; on y est au printemps. Mais, pour la prochaine saison, il faudra préparer quelque chose. J’ai enrôlé dans le Tiers-Ordre la Soeur du Père Cahier. Je vais tâcher d’obtenir qu’elle me fasse quelque chose pour vos filles; comptez là-dessus. Nous enverrons aussi quelques vieilles couvertures, et j’espère que le tout passera sans trop d’inconvénients. Vous avez dû recevoir une caisse de grenades. Vous sont-elles parvenues? Je le désire.
Ce carême à Saint-Thomas me pèse un peu, je vous l’avoue; enfin, je ferai de mon mieux. Toutefois je pense que le meilleur sera de faire ce que voudra M. Sibour; mais j’avais espéré qu’il penserait à d’autres qu’à moi. Puis, je pense que peut-être vaudra-t-il mieux que je laisse faire. Quant à la question du supérieur, prions bien. J’ai posé, il y a quelques jours, à Monseigneur cette question: [[Voulez-vous définitivement m’approuver et m’encourager? Si oui, je fais pour longtemps Nîmes le centre de mon oeuvre; si non, je m’arrange avec l’archevêque de Paris]].
Priez bien, de grâce, afin qu’en tout nous nous sanctifiions. Tout à vous en Notre-Seigneur.

