Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.110

Il lui dit sa joie de la rencontrer personnellement. – Il exprime sa peine de ne pouvoir entraîner les siens dans un plus grand dévouement,

Ma chère fille,

Dans quinze jours, j’aurai, je l’espère, le plaisir de vous voir. Il m’en tarde bien, je vous assure. Je suis désireux de vous faire du bien et de vous pousser à devenir sainte dans la douceur, la petitesse et la bonté, dont vous parle M. Gay[1] et que j’approuve très fort, mais aussi dans la générosité et l’égalité d’âme qui convient à une épouse de Jésus-Christ et à une supérieure générale. Je ne vois pas que vous deviez retirer les Soeurs du Cap. Je crois que vous devez travailler par vos lettres à les sanctifier et à les rendre très dignes de la belle mission que Notre-Seigneur leur confie. Quant à envoyer la Soeur dont parle l’évêque, voulez-vous attendre mon arrivée pour décider la chose?[2]

Pour moi, j’ai grandement le sentiment que je dois aller à la perfection, mais personne ne me pousse. Je plie sous le poids d’une foule d’affaires et j’espère cependant que Dieu aura un peu pitié de moi. La maison va bien; il n’y a pourtant pas cet entrain que je voudrais y voir. Oh! que c’est terrible d’avoir à lutter non pas seulement contre les méchants, mais aussi contre les bons qui devraient nous soutenir! Je désire vous arriver avec un coeur bien paternel. Cela est, cela sera, mais je voudrais que vous pussiez le sentir. Le temps me manque. Adieu.