Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.141

11 feb 1852 [Nîmes], MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

L’affaire des actions. – A son arrivée, il prêchera une retraite aux élèves des Soeurs. – La Revue de l’enseignement chrétien. – Sa disponibilité sous la main de Dieu.

Informations générales
  • T1-141
  • 126
  • Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.141
  • Orig.ms. ACR, AD 814; D'A., T.D. 21, n. 71, p. 49.
Informations détaillées
  • 1 CONGRES DE L'ENSEIGNEMENT LIBRE
    1 ESPRIT D'INDIFFERENCE
    1 PLACEMENT
    1 PREDICATION DE RETRAITES
    1 PUBLICATIONS
    2 BEVIER, MARIE-AUGUSTINE
    2 DUPRE, GUY
    2 GERMER-DURAND, EUGENE
    2 MOLE, LOUIS
    2 VAILHE, SIMEON
    2 WATEAU, AMABLE
    3 MARSEILLE
    3 PARIS
  • A LA R. MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • 11 fév[rier 18]52.
  • 11 feb 1852
  • [Nîmes],
La lettre

Ma chère fille,

Je me suis occupé ces jours-ci de votre affaire. Voici comment j’ai procédé. Je me suis adressé, comme je crois vous l’avoir dit, à M. Wateau, un des hommes les plus intelligents et les plus chrétiens que je connaisse. Il m’a fait observer qu’il valait mieux qu’il se chargeât de l’affaire comme commissionnaire; que la place de Marseille offrant probablement plus qu’aucune autre des chances pour placer les actions, que vous ni moi ne pouvant traiter cette vente, il convenait que vous y eussiez un représentant; que, s’il faisait directement l’affaire, par là même qu’il chercherait à la faire bonne pour lui, il chercherait à la faire moins bonne pour vous; qu’il valait mieux qu’il prît vos intérêts auprès d’un tiers, avec qui il pourrait plaider. vos intérêts mieux que ne pourrait le faire une religieuse. Je viens de lui écrire quelques détails, lui envoyer votre note. Je l’engage à venir me voir avant dimanche, puisque je pars d’ici lundi ou mardi. J’espère être à Paris jeudi matin.

Vous pouvez dire à Soeur Marie-Augustine que, dès le lendemain de mon arrivée, je serai à ses ordres pour la retraite. On pourrait la commencer le mercredi des cendres et la finir le 1er dimanche de carême. Les observations que vous me faites sur la Revue sont très justes; elles n’empêcheront pas nos Messieurs d’être d’une certaine négligence[1]. Je tâcherai pourtant de les relever un peu. Dans le prochain numéro, il y aura une proposition de moi assez originale: c’est l’idée d’un congrès d’instituteurs libres, pensant comme nous[2].

Adieu. Priez bien pour moi. Vous ai-je dit que je viens de chasser un élève bien coupable? Dieu veut que nous fassions son oeuvre au milieu de la douleur. Ce matin, je me suis bien mis comme un instrument entre ses mains, pour qu’il m’emploie, me brise ou me laisse dans un coin. Il me semble bien que je veux être à lui. Soyez-y de votre côté. Nous nous retrouverons dans son sein, qui, malgré ses rebuts apparents, est celui de votre vrai père. Adieu.

E. D'ALZON.
Notes et post-scriptum
1.<>.
A propos de la Revue de l'enseignement chrétien, voir, d'une part, S. VAILHE, Vie du P.d'Alzon II, pp. 105-128, qui en trace l'histoire dans le cadre de la querelle des classiques (1851-1855) et, d'autre part, G. DUPRE (Thèse, pp. 139-151), qui en montre la valeur intrinsèque, à partir des articles essentiels écrits par le P. d'Alzon ou ses collaborateurs.
2.Proposition aux chefs d'établissements libres, n.3, 1er mars 1852, pp. 177-178. - L'idée d'un Congrès d'enseignants libres était dans l'air, mais l'initiative sera sans lendemain, en raison des rebondissements de la querelle des classiques et de la division des catholiques qui s'ensuivra (Lettre 161,note 1).
A la suite de cet article liminaire du P. d'Alzon, le n. 3 de la revue publie une lettre de M. le comte de Molé, président du Comité de l'enseignement libre, adressée le 4 janvier à l'abbé d'Alzon: < <>.