Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.152

29 mar 1852 Paris, FABRE_JOSEPHINE

Une indisposition l’a empêché de répondre plus tôt. – Patience à pratiquer pendant la maladie.

Informations générales
  • T1-152
  • 137
  • Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.152
  • Cop.ms. de la destinataire, ACR, AO 8; D'A., T.D. 39, n. 7, p. 208.
Informations détaillées
  • 1 EXTREME ONCTION
    1 MALADIES
    1 PATIENCE
    1 SANTE
    1 SOUFFRANCE ACCEPTEE
    2 FABRE, JOSEPHINE
    2 ROCHER, MADAME ADRIEN DE
    3 PARIS, EGLISE SAINT-THOMAS D'AQUIN
  • A MADEMOISELLE JOSEPHINE FABRE
  • FABRE_JOSEPHINE
  • le[29]mars 1852<1>.
  • 29 mar 1852
  • Paris,
La lettre

Je vous dois deux réponses, ma chère enfant[2], et je suis bien en retard avec vous. A votre première lettre, j’ai voulu attendre l’occasion de Mme de R[ocher?], et puis voilà que je suis tombé malade, ou plutôt que j’ai été pris par la grippe et obligé à quelques ménagements qui ont nui à ma correspondance. Veuillez m’excuser et croire que je ne vous oubliais pas pour cela. Le jour de votre fête, j’ai fait un effort pour dire la messe que je vous avais promise. Il ne faut pas croire que je sois bien souffrant, puisque je n’ai interrompu mes instructions qu’un seul jour. Enfin, me voilà en train, tandis que vous, vous êtes un peu patraque, à ce que je vois. Il faut vous ménager et vous échanger les ennuis que vous éprouvez, en mérites pour le ciel.

Il me semble que, puisque vous vous sentez si seule, vous pouvez faire dans cette isolement une très bonne pénitence. Mais surtout ne vous découragez pas. A quoi cela conduirait-il? Faites pour votre santé ce que vous prescrivent vos parents. Gardez vos forces pour plus tard. De quoi serez-vous capable, si vous vous rendez si faible de bonne heure? Ne vous aigrissez pas de ce qu’on s’occupe de votre santé; prenez ces observations en patience. Voilà la véritable piété! Dieu vous viendra en aide. Si vous savez porter cette misère, vous ne tarderez pas à en recueillir les fruits les plus précieux. Je suivrai ma lettre, à quatre jours de distance[3], et je serai heureux de vous revoir. Priez pour un de nos enfants qui vient de mourir, d’une maladie de famille, il est vrai, mais dont les derniers moments nous ont donné de l’inquiétude, parce qu’il avait perdu connaissance. Heureusement j’ai pu lui donner l’extrême-onction à un moment lucide! Heureusement aussi qu’il était chez ses parents!

Adieu, chère fille. Tout à vous en Notre-Seigneur, et du fond du coeur, comme vous savez. Votre père.

Notes et post-scriptum
1. La cop.ms. porte 22 mars. Date corrigée par le P. Vailhé.
2. Jeune personne vivant consacrée dans le monde sous la direction du P. d'Alzon, dont elle fut secrétaire. Elle brûla les lettres reçues de lui, mais put en remettre une copie personnelle à l'Assomption. Elle fut encore l'une des six premières Adoratrices du S. Sacrement.
3. En réalité, il quitta Paris un peu plus tard.