Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.199

2 oct 1852 Paris, Faubourg Saint-Honoré, 234. ROCHER_MADAME

Il a terminé une retraite et part dans deux jours pour Nîmes, mais ne s’arrêtera pas à Bollène. – Qu’elle se montre courageuse dans ses délaissements.- Intentions qu’il lui recommande.

Informations générales
  • T1-199
  • 181
  • Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.199
  • Orig.ms. ACR, AL 174; D'A., T.D. 34, n. 7, pp. 284-285.
Informations détaillées
  • 1 ADORATION PERPETUELLE
    1 COLLEGE DE NIMES
    1 CONTRARIETES
    1 FIDELITE A LA GRACE
    1 PREDICATION DE RETRAITES
    1 VOIE UNITIVE
    2 ALZON, HENRI D'
    3 BOLLENE
    3 NIMES
    3 PONT-SAINT-ESPRIT
  • A MADAME DE ROCHER
  • ROCHER_MADAME
  • le 2 octobre 1852.
  • 2 oct 1852
  • Paris, Faubourg Saint-Honoré, 234.
  • Maison de l'Assomption
La lettre

Je me reprocherais de ne pas vous avoir encore répondu, ma chère fille, si je n’en avais été empêché par la retraite que je viens de prêcher aux Dames de l’Assomption. Aujourd’hui, je veux vous dire un tout petit mot. Après-demain, je pars pour Nîmes et je passerai bien près de vous. Malheureusement j’ai avec moi deux enfants. Cette raison et la santé de mon père qui a été assez altérée me forceront, bien malgré moi, à ne pas m’arrêter à Pont-Saint-Esprit, comme je l’eusse bien voulu, pour aller de là vous faire une petite visite à Bollène. Si vous y êtes encore au mois de novembre, je tâcherai de m’en dédommager. D’ici là, ma chère enfant, tâchez de prendre un peu sur vous et de tenir bon, malgré les ennuis par lesquels il plaît à Dieu de vous faire passer. C’est au milieu de ces délaissements humains que la grâce de Notre-Seigneur agit le plus fortement dans une âme. Prenez donc courageusement votre parti et mettez-vous à lutter contre tout ce qui vous porterait à reculer. Il faut que l’amour de Dieu soit votre secours le plus efficace. C’est maintenant que Dieu connaîtra si vous avez du coeur et si ce coeur est tout à lui.

Je vous recommande de prier beaucoup pour nos enfants. L’un d’entre eux est chez lui très dangereusement malade et peut-être mort à l’heure qu’il est. C’était un des plus forts de la maison et des plus saints; il allait entrer en philosophie et probablement, l’an prochain, nous serait arrivé. Priez aussi beaucoup pour que l’adoration perpétuelle puisse s’établir à Nîmes; il ne dépend plus que de la volonté de Monseigneur.

Allons, ma bonne fille, mettez-vous un peu courageusement entre les bras de celui qui, seul, peut nous rendre parfaits. Demandez-lui de vous réchauffer dans vos tiédeurs et croyez que plus vous serez soumise à ses épreuves, et plus vous avancerez rapidement vers la sainteté.

Je vais, grâce à Dieu, assez bien pour le moment. Rappelez-moi au souvenir de tous les vôtres et veuillez croire à mon bien tendre et bien sincère attachement en Notre-Seigneur.

E. D'ALZON.
Notes et post-scriptum