Mon cher ami,
J’ai vu hier Mme Durand; Jean me quitte à l’instant. Je puis donc vous donner des nouvelles de votre nichée. Elle va bien. Merci de ce que votre bon coeur vous suggère pour moi. Si je suis un peu triste, tant pis pour moi! Mais la bonne supérieure a tort de vous attribuer ou à qui que ce soit des nôtres ma mine renfrognée. J’ai tort de la faire voir et j’en suis désolé[1]. Il est bon de souffrir, et aujourd’hui, jour de Notre-Dame des Sept-Douleurs, je lui ai demandé d’enfanter mes enfants comme elle sur le Calvaire.
Nous n’aurons que deux théologiens cette année[2]. Je pense que M. Bensa pourra se charger de quelques classes supplémentaires, et, en nous retournant, ce sera un professeur économisé, ce dont nous avons grand besoin. L’histoire est devenue si peu de chose dans l’enseignement universitaire que ce n’est pas la peine d’en parler. Si, parmi les maîtres très nombreux qui s’offrent tous les jours, j’en puis trouver un capable, je m’en contenterai. L’histoire me préoccupe peu; et puis, il me semble que parmi les sujets qui se présentent en si grand nombre, nous en trouverons bien quelqu’un de passable. Les élèves n’arrivent pas en masse cette année.
Adieu, cher ami. Tout à vous. Mille choses aux Messieurs de l’Univers, et en particulier à du Lac.
Pourriez-vous me dire en quelle partie du monde est Roux-Lavergne? Vous avez dû recevoir un exemplaire de Saint-Thomas.

