Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.403

Il fera, à l’exemple de saint François de Sales envers Mme de Chantal, le voeu de se consacrer à son âme, le jour de l’Annonciation.

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Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.403
Orig.ms. ACR, AD 18; T.D. 21, n. 208, p. 124.

le 23 mars 1854.
23 mar 1854
Nîmes,

Ma chère fille,

Il faut que je fasse une petite confession à votre amitié. Je lisais hier, dans saint François de Sales, qu’il avait fait voeu de se consacrer à l’âme de Mme de Chantal. Croiriez-vous que la première idée de faire une pareille chose n’a pas été pour vous, mais pour deux personnes que je compte vous donner un jour pour filles? Je vous avoue que ce m’est une peine de coeur, que j’ai besoin de vous dire, afin que vous en connaissiez même les distractions. Toutefois, je ne puis dire qu’elle ait duré bien longtemps, et je puis bien vous assurer qu’ayant le projet d’imiter en cela saint François de Sales, vous serez bien la première à profiter de cette offrande de mon coeur à Dieu pour le bien d’une âme[1].

Cela dit, je me sens un peu soulagé de mon remords, et je vous assure que je suis, au-delà de tout ce que je puis dire, tout vôtre en Notre-Seigneur. Je voudrais bien que l’ornement noir fût prêt pour le vendredi saint. Je ferai mon voeu, le jour de l’Annonciation.

1. Rappelons que, le 24 avril 1846, Mère M.-Eugénie avait fait voeu d’obéissance envers son directeur, le P. d’Alzon, et que, le 8 septembre de la même année, lui-même avait émis le voeu de se consacrer à la perfection de sa dirigée, Mère M.-Eugénie. Ce double geste de confiance et de dévoue ment réciproques fut renouvelé, d’abord par Mère M.-Eugénie, le 21 septembre 1852, et, à présent, par le P. d’Alzon lui-même, le 25 mars 1854.