Ma chère fille,
Me voici à Nîmes, depuis avant-hier soir. J’ai consulté à Montpellier le docteur Barre, un ami de Gouraud. Je pars mardi ou mercredi pour Vichy[2]. J’ai fait prier pour votre petite Soeur. Espérons qu’elle est au ciel. Si sa mort a été aussi belle que vous me le dites, pourquoi Dieu ne lui aurait-il pas fait grâce? Mlle de Régis vous écrira au sujet du couvent des Maristes. Je crois que vous devrez en écrire deux mots au P. Morcel[3]. L’évêque de Nîmes est encore à Vichy, et je vais me faire préparer un appartement par son domestique. Je parlerai des 200 francs de Mme Réveilhe à Mme de Narbonne. Quant à vendre la propriété de Nîmes, il n’y faut pas songer, au moins tant que mes parents vivront, à moins que je ne trouve de quoi payer tous mes créanciers. Ces échanges ne se font pas ici aussi facilement qu’à Paris.
Adieu, ma chère fille. Dès que je serai arrivé à Vichy, je vous écrirai où je loge.

