Savez-vous, ma bien chère fille, que votre long silence m’inquiète? Il y a un siècle que je n’ai vu de votre écriture; moi, j’étais dans l’impossibilité de tenir la plume. Est-ce qu’il en serait de même de vous? Faites-moi tranquilliser, je vous en prie, car je suis très inquiet. Me voilà à Vichy, dont les eaux me font du bien. Cependant, on me défend tout travail. Il faut que je me résigne à ne rien faire. Apprenez-moi donc ce que vous devenez.
J’ai été encore très souffrant depuis mes dernières lignes. Il a fallu me saigner et me mettre les sangsues. Je serai à Paris, du 20 juillet au 3 août. Si vous êtes en Suisse vers la fin d’août, peut-être irai-je vous voir. Je prie pour vous un peu au hasard, ne sachant pas bien où en est votre âme.
Adieu, ma bien chère Amélie.

