CONGREGATION DES RELIGIEUX DE L’ASSOMPTION
Cette petite Association subsiste depuis dix ans environ. Elle compte de 25 à 30 personnes environ. Elle possède deux collèges: l’un à Nîmes où l’oeuvre a commencé, l’autre à Paris, et une maison pour l’éducation des petits protestants pauvres, que les parents nous confient en nous donnant l’autorisation d’en faire des catholiques.
L’oeuvre est secondée par de pieux laïques, qui se sont organisés en Tiers-Ordre dirigé par les religieux. Le professorat dans les collèges, les oeuvres de charité, la publication de bons livres, l’instruction des enfants pauvres est le but de ce Tiers-Ordre. On s’y propose aussi, par une vie un peu sévère, de protester contre les maximes relâchées du monde.
Les religieux, se proposant surtout d’étendre le règne de Jésus-Christ dans les âmes, soit par l’éducation des classes élevées, soit en portant les enfants qui leur sont confiés à toutes sortes de bonnes oeuvres, soit en leur inculquant un profond sentiment de leur devoir, non seulement comme simples chrétiens, mais aussi comme membres de la grande société de l’Eglise. Afin d’éviter des luttes pénibles avec le clergé séculier, nous ne nous mêlons, en dehors de nos maisons, que des oeuvres aux-quelles nous sommes invités par les prêtres des paroisses.
Dans l’état présent des choses, nous nous efforçons de concourir, avec l’intelligence et le zèle dont nous sommes capables, à répandre dans les esprits la connaissance de Notre-Seigneur comme vie de l’âme, la véritable connaissance de l’Eglise et l’amour de son chef, comme remède aux maux qui ravagent les sociétés politiques de nos jours; d’apprendre aux enfants que nous formons et aux personnes, sur lesquelles nous avons de l’influence, à vaincre l’amour du bien-être qui est la grande plaie des temps présents.
En nous occupant de colonies agricoles, nous désirons sans doute moraliser les enfants du peuple qui nous sont confiés, mais aussi arracher aux villes une sorte de population, à laquelle les hommes de désordre s’adressent comme [à un] instrument de leurs projets anarchiques, et préparer un jour, par ces colonies, de nouvelles richesses territoriales à l’Eglise et des ressources que nous serons toujours heureux de mettre à la disposition du Saint-Siège[1].

