…[2] Maintenant voici ce qui me préoccupe à notre sujet. Vous savez que le Pape m’a témoigné et fait témoigner son désir de nous voir agrégés aux Augustins[3], mais peut-être ce n’était qu’une idée en passant. Quoi qu’il en soit, supposé que nous donnions suite à un pareil projet, quel devrait être le mode de cette agrégation? Devrions-nous demander un Vicaire général pour la Congrégation enseignante que nous formerions dans l’ordre de Saint-Augustin? Quel est le genre d’autorité du Général des Augustins? Et si le Pape nous accordait un Vicaire général, dans quel ordre de dépendance se trouverait-il vis-à-vis du Général? Pourrait-elle se réduire à une simple affaire de formes? Pourrions-nous faire une Congrégation entièrement indépendante et avoir part aux privilèges de l’ordre subsistant? Vous vous rappelez que nous avons traité ensemble quelque chose de ces questions et que je mettais en balance les ennuis de nos relations futures avec un Ordre un peu tombé[4], et l’avantage d’avoir tout de suite des maisons en Italie. Il me répugnerait beaucoup de prendre la position du P. Jandel[5] vis-à-vis des vieux Dominicains[6]. D’ailleurs je ne veux pas faire des Ermites et rentrer dans les anciennes Congrégations de l’ordre[7]. Mais en formant une Congrégation nouvelle comme cela s’est fait tant de fois dans l’ordre de Saint-Benoît, ne pourrais-je pas avoir une maison à Rome et y être tout-à-fait indépendant?
La Supérieure générale de l’Assomption, qui me prête en ce moment sa main, désirerait savoir, de son côté, comment les religieuses pourraient participer à cette agrégation en conservant leur unité indépendante; car, dans l’intérêt des deux Congrégations, je ne désire pas me poser, à moins de nécessité, supérieur général de ces Dames. Je préfère qu’elles se gouvernent elles-mêmes, et que nos liens soient des liens d’amitié et de confiance, plutôt que d’une autorité qui crée souvent des embarras[9].

