Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.590

8 sep 1855 [Paris, MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Que le Saint-Sacrement préside le lieu où se transférera la communauté. Il faut aimer l’Eglise pour Notre-Seigneur seulement.

Informations générales
  • T1-590
  • 544
  • Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.590
  • Orig. ms. ACR, AD 1023; D'A., T.D. 21, n. 323, p. 180.
Informations détaillées
  • 1 ADORATION DU SAINT-SACREMENT
    1 AMOUR DE L'EGLISE A L'ASSOMPTION
    1 AMOUR DU CHRIST
    1 CHOIX
    1 EMPIRE DE SATAN
    1 IMAGINATION
    1 IMMEUBLES
    1 LUTTE CONTRE LE MONDE
    1 REFORME DE L'INTELLIGENCE
    1 TIERS-ORDRE FEMININ
    2 EUGENIE, IMPERATRICE
    2 ISABELLE DE FRANCE, BIENHEUREUSE
    2 NAPOLEON Ier
    2 PLANTIER, CLAUDE-HENRI
    3 PARIS, CHAILLOT
    3 PARIS, LONGCHAMP
  • A LA R. MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • le] [8 septembre 1855] samedi <1>.
  • 8 sep 1855
  • [Paris,
La lettre

Il me semble, ma chère fille, que, plus pendant ma retraite je me rapproche du coeur de Notre-Seigneur, plus aussi je me rapproche du vôtre, s’il m’est possible d’entrer plus près que je ne le suis depuis si longtemps. Mais il ne s’agit pas de cela. Il m’est venu en pensée que, dans le choix de votre nouvelle acquisition[2], vous deviez vous placer de telle façon qu’il fût très commode aux dames, qui vont au bois de Boulogne, de venir faire leur adoration chez vous. Ce serait un moyen de placer le Saint-Sacrement un peu au milieu du royaume du diable, et il me semble que Notre-Seigneur n’en serait pas fâché. Il y aura bien des abus à prévoir, mais avant que Longchamp ne fût un rendez-vous à la mode, les filles de la bienheureuse Isabelle[3] y avaient fait bien de bonnes oeuvres. Je dis ceci surtout à cause du T[iers]-O[rdre], qui aurait par là la possibilité de porter ses protestations antimondaines au milieu du monde élégant. Réfléchissez et voyez si ma pensée vient de Dieu.

Mgr Plantier m’a encore donné un peu le cauchemar, mais je mets au pied de la croix tous les mauvais tours que ma trop féconde imagination me suggère à son égard. Il faut aimer l’Eglise de Dieu pour Notre-Seigneur, et non parce que l’on trouverait une petite satisfaction à faire triompher nos idées propres.

Tout vôtre, ma fille.

E. D'ALZON.
Notes et post-scriptum
1. La précision: *8 sept. 55* est de Mère M.-Eugénie.
2. Depuis que l'impératrice avait acheté la propriété avoisinant le couvent de Chaillot, des tractations étaient en cours pour vendre cet emplacement et se rendre dans un autre endroit de Paris, du côté d'Auteuil, au lieu-dit de la Thuilerie. L'affaire sera à peu près conclue le 4 octobre: <>. Sur la vaste propriété, le nouveau couvent était à construire, la Thuilerie n'étant qu'un pavillon de chasse, fréquenté autrefois par la famille royale, transformé en château de résidence par la famille de Brienne au XVIIIe siècle, et maison d'accueil pour le Premier Consul, Napoléon Bonaparte.
3. La bienheureuse Isabelle de France (+ 1270), qui fonda à Longchamp, près de Paris, une maison des Filles de l'Ordre de Saint-François, à laquelle elle donna le nom d'*Humilité de Notre-Dame,* où elle-même se retira et vécut jusqu'à sa mort sans être religieuse, pour assister sa fondation du prestige de son rang et de ses biens.