Ma chère fille,
Merci de vos si bonnes lettres, quoique je ne sache pas bien si celle-ci vous trouvera à Paris[2]. Je tiens à vous dire que je ne suis point aussi ennuyé que vous le pourriez croire. J’ai, au contraire, de la peine à me prémunir contre ce qui me plaît, sinon dans les opinions, au moins dans le genre, la méthode, l’ordre qui manquait si complètement à Mgr Cart et que je trouve ici à un degré supérieur[3].
Je suis chargé des bonnes oeuvres et de toutes les communautés, sauf une ou deux. Je suis, de plus, chargé des bonnes oeuvres. J’aurai quelque peine à être reconnu par le gouvernement, tâchez de savoir pourquoi[4]. M. de Berty sait les motifs. Pouvez-vous arriver jusqu’à lui?
Je savais l’affaire du Chapitre de Paris[5].
Je reviens à moi. Je tiens à ce que l’on sache que je ne veux rien du gouvernement, mais que je ne lui suis point hostile, que même je suis le prêtre du diocèse qui ai, dans la sphère de mon action, le plus favorisé son établissement (ce n’est pas bien le mot) dans nos pays. Je tiens à ce qu’on le sache, afin de ne pas être contrarié[6].
Si vous pouviez convaincre l’évêque de Tripoli que je l’estime beaucoup[7], vous me feriez un grand plaisir.
Adieu, ma chère fille. Soyez bien persuadée que vos lettres sont une des choses qui me font le plus de joie, et quand je ne vous écris pas, n’en concluez pas que je n’ai pas envie de vous lire, mais j’espère vous voir bientôt[8].
Tout vôtre en Notre-Seigneur.

