Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.648

Dieu nous aime mille fois plus que nous ne sommes capables de l’aimer. – Un souvenir pour ses enfants et un mot de reconnaissance pour Mme de Narbonne.

T1-648
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Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.648
Orig. ms. ACR AL 187; D’A. T.D. 34, n. 20, p. 294.

[1855].
1855

Ma chère fille,

Vous êtes une personne de désirs, et c’est une très bonne chose. Daniel était comme vous[1]. Persévérez, mais sans humeur ni dépit, à demander l’amour de Dieu. Tôt ou tard, il vous sera donné. Mais, voyez, que d’imperfections s’opposent encore à ce que vous puissiez recevoir toute la perfection de l’amour de Notre-Seigneur. Allez simplement et faites comme un bon Frère convers, à qui je demandais hier soir s’il aimait le bon Dieu. Il me répondit: [[Oh! oui, je l’aime beaucoup, beaucoup. Ah! s’il m’aimait comme je l’aime!]] Cependant, je lui fis comprendre que Dieu nous aime mille fois plus que nous ne sommes capables de l’aimer. Ce qui vous fait illusion, c’est que vous voulez sentir en vous l’amour de Dieu. Chose impossible, si vous voulez avancer. Jadis c’était nécessaire, parce que vous alliez à Dieu avec vos sens; aujourd’hui, il vous faut aller à Dieu avec votre volonté, dans toute sa force, mais aussi dans toute sa sécheresse.

Mille choses à tous vos enfants. Veuillez dire à Mme de Narbonne que le directeur de l’oeuvre des tabernacles lui est très reconnaissant du don qu’elle nous a fait.

Adieu, ma chère fille. Tout à vous du fond du coeur en Notre-Seigneur.

1. Dn 9, 23.