Priez le bon Dieu que la santé me revienne pour faire ce que vous demandez. Hier, j’ai eu un mauvais jour. Les affaires me tuent dans l’état de surexcitation où je me trouve, et toutefois je tâche de m’en tirer par des actes de résignation incomparable, comme dit saint François de Sales. Il me semble que j’accepte tout, et puis j’ai peur, même devant Dieu, de trop tout accepter par découragement et envie de jeter le manche après la cognée.
Votre lettre, que je garde comme preuve authentique des dispositions de M. Moreau, est très précieuse, sauf votre avis de ne pas lui confier la maison de Nîmes(2). Anglas est mis en vente au prix de 350.000 francs. Si l’on en a 300.000, ce sera encore une bonne affaire. Mes parents m’aident. Mais dans quelle mesure dois-je, à cause de cela, leur faire des concessions?(3). Priez le Saint-Esprit de me le faire savoir.
Adieu et tout vôtre, ma fille.

