Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.39

Nouvelles des Résurrectionistes et de l’union -Au pied de la croix, son coeur se détache de tout.

T2-039
642
Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.39
Orig.ms. ACR, AD 1068; D’A., T.D. 22, n. 364, pp. 14-15.

Dimanche de la Passion, le 9 mars 18]56.
9 mar 1856
[Montpellier,

Ma chère fille,

Le Fr. Picard m’écrit: « Les PP. Polonais s’occupent beaucoup en ce moment de la réunion. Le P. Alexandre doit venir à Rome dans ce but, et le P. Jérôme partirait ensuite pour la France et pour Nîmes. Je l’ai su par l’indiscrétion d’un de leurs Frères qui a été ordonné diacre le jour où j’ai reçu la tonsure ».(1).

Ceci m’étonne après leurs dédains. Mais la paix qui va se faire, sans que la Pologne soit émancipée du joug russe, peut leur donner à réfléchir(2). Je tiens à vous tenir au courant. Quant au P. Moreau, je l’attends et ne le vois pas arriver. Je tiens note de tout ce que vous me dites sur son compte.

Le Fr. Marie-Joseph est un garçon de forte imagination; il croira bientôt avoir des visions(3).

Je vous souhaite, pour le temps de la Passion, un grand esprit de foi dans les souffrances de Notre-Seigneur. Beaucoup de choses se transforment au pied de la croix, et je souhaite tous les jours de m’y attacher davantage et vous, ma fille, à côté de moi. Il me semble que je vais mieux. mais j’ai grand besoin de me surveiller. Du reste, il me semble avoir obtenu certaines choses qui n’eussent pas eu lieu, si je n’avais pas été malade. Il faut donc bénir Dieu de toutes choses.

Adieu, ma fille. Demandez à Dieu qu’il détache mon coeur de tout. Il le fait quelquefois, mais d’une manière qui fait crier la pauvre nature. Enfin, qu’il s’y prenne comme bon lui semblera, il s’y connaît mieux que nous.

2. Traité de paix, après la guerre de Crimée, signé le 28 mars, à la suite du Congrès de Paris, réuni le 25 février 1856. 3. Le Fr. M.-Joseph Lévy donnait beaucoup de préoccupation à ses confrères de Rome pour son état de santé.