Vous êtes bien bonne, ma chère fille, de vous occuper de mes professeurs, comme vous le faites, et je vous assure que tout cela me va droit au coeur, où je ne sais plus quelle place plus grande vous faire(2). Juliette et Mme Durand ont dû vous répondre. Je fais pousser activement à Rome l’affaire du noviciat. Peut-être aurai-je un bref laudatif. On me le propose presque, mais les avis sont partagés.
Mme Génieys est à Amélie et je n’ai pas voulu lui envoyer votre lettre, sans vous prévenir que son fils a déjà eu la place qu’il voulait. Je lui ferai parvenir la lettre, quand vous m’aurez dit si ce renseignement que je vous donne ne doit pas en faire changer le contenu.
L’évêque est évidemment peu disposé à vous donner la permission d’avoir un pensionnat à Nîmes, mais tout s’obtiendra si vous pouvez lui procurer quelques amis auprès du gouvernement. Il veut en avoir et n’est pas du tout comme Mgr Cart. Si donc on peut lui parler de quelques personnes, par qui il aboutira, il se radoucira, on ne saurait en douter. Quant au supérieur qui me remplacera, ne nous pressons pas trop(3).
Je ne souffre presque plus, j’ai seulement des envies de dormir continuelles et de la faiblesse au bout des doigts, et, dès que je me suis occupé quelques heures de suite, cela fatigue.
Adieu, ma chère fille. Toujours au mois de mai.
E. D’ALZON
Samedi saint.

