Mon cher enfant,
Je prie du fond du coeur Notre-Seigneur de vous donner toutes les grâces, dont vous avez besoin au moment où vous allez être revêtu du sacerdoce. Que le Saint-Esprit vous inonde de sa force et de sa lumière! Soyez un homme nouveau. Vous le pourrez, si vous le voulez, surtout si vous ne laissez pas la routine envahir vos habitudes de piété(1).
Ne pensez-vous pas qu’il serait bon de présenter au Pape la demande que j’ai signée? Si vous n’avez pas été encore conduit à l’audience par Mgr d’Arras(2), vous pourriez prendre cette pièce avec vous. Veuillez, puisque Mgr d’Arras est si bon pour nous, le remercier très spécialement de ma part. S’il devait passer par Paris d’ici à un mois ou six semaines, comme j’y serai probablement à cette époque, je serais bien aise de le savoir, afin d’aller le remercier moi-même.
Je vais, ce semble, tous les jours un peu mieux, mais ce mieux est peu de chose. Adieu, et tout à vous du fond du coeur.
E. D’ALZON
Dites souvent à M. Chaillot combien je suis touché de ce qu’il fait pour nous. J’ai perdu l’adresse du soldat, par qui l’on peut vous écrire(3).

